Les Scandinaves

Lettre V

Lexoje në shqip: Skandinavet

Sommaire de la lettre

Les trois royaumes scandinaves. — Leur réunion sous le règne de Marguerite. — La réforme chez les Scandinaves. — L’instruction en Suède, en Norwége et en Danemark. — Les femmes de lettres en Suède. — Mademoiselle Frédérique Bremer, ses écrits, son caractère et ses idées. — Madame Carlén et ses romans. — Les artistes. — Jenny Lind. — Les souveraines. — Une reine de Suède et une demi-reine de Danemark. — Condition civile des Suédoises et des Norwégiennes.

La fraction de la race germanique dont le sang est le plus pur d’éléments étrangers est assurément la famille scandinave qui forme, au nord de l’Europe, deux États d’une étendue fort inégale, le royaume de Suède et de Norwége et le royaume de Danemark. L’importance des Scandinaves dans l’histoire ne doit pas se mesurer aux territoires qu’ils occupent aujourd’hui. L’empire de Russie a eu pour fondateur Rurik le Normand (862) ; un chef scandinave, Rol, a fondé le duché de Normandie (919) ; le royaume des Deux-Siciles a dû son origine à l’audace héroïque de quelques aventuriers normands (1043), enfin du règne d’un des descendants de Rol, Guillaume le Conquérant (1066-87), date la grandeur de l’Angleterre.

Après cette orageuse période d’expansion au dehors, les Scandinaves travaillent à s’organiser de manière à pouvoir résister à leurs voisins. Au XIVe siècle, une femme de génie, la belle Marguerite, fille de Waldemar, roi de Danemark, réunit en un seul État les trois royaumes scandinaves (1397). Mais l’union de Calmar, œuvre de l’héroïne de Falkœping, ne tarda pas à être compromise par les passions anarchiques des hommes du moyen âge. Malgré le peu d’accord qui régnait au XVIe siècle entre les Scandinaves sur les questions politiques, ils suivirent unanimement l’impulsion donnée par Luther à l’Allemagne. Les nations qui avaient énergiquement soutenu la Saxe dans sa lutte intrépide contre les armées et les moines de Charlemagne ne pouvaient hésiter un moment à obéir à la voix du grand réformateur saxon.

Comme presque tous les pays où la réforme a triomphé, les royaumes scandinaves assurent aux femmes une instruction fort satisfaisante. En Suède, malgré la difficulté d’organiser des écoles élémentaires, dans une contrée où souvent les habitations sont isolées, toutes les paysannes savent lire et la plupart peuvent écrire lisiblement. Chez les Danois, la culture intellectuelle a fait les plus remarquables progrès. L’instruction primaire étant obligatoire depuis plus d’un demi-siècle, on ne trouve plus une seule fille adulte qui ne lise et n’écrive parfaitement. « À ce propos, disait mélancoliquement, il y a quelques années un écrivain français, il est difficile de ne pas faire un rapprochement entre ce magnifique résultat et le déplorable état où, — malgré les belles promesses de chacune de nos dix ou douze révolutions, — se trouve encore l’instruction primaire en France. »

Dans ce royaume de Suède où la reine Christine et la reine Ulrique-Éléonore montrèrent une si grande ardeur pour la culture des lettres, vous ne serez pas étonnée de trouver des femmes dont les écrits ont attiré l’attention de l’Europe civilisée. La plus célèbre est, assurément, mademoiselle Frédérique Bremer.

Mademoiselle Bremer est née en Finlande, à l’époque (1802) où cette province appartenait encore à la Suède. Elle quitta son pays natal à l’âge de trois ans, et depuis elle a toujours vécu dans la péninsule scandinave, excepté pendant les années où elle a fait ces voyages qu’elle a racontés dans la Vie au nouveau monde et dans la Vie dans le vieux monde. La comtesse de Hahn-Hahn, qui l’a vue en visitant la Suède, a décrit avec soin son habitation, le pays voisin et les principaux traits de sa personne, « ses yeux pleins d’expression, son front clair et large, sa figure petite, mais pleine de charme. »

Mademoiselle Bremer, qui faisait des vers dès l’âge de huit ans, a publié vingt ans plus tard le roman intitulé : la Fille du président, qui produisit en Suède une grande sensation. Les Voisins, qui parurent ensuite, mirent le comble à sa réputation, et ses écrits, franchissant rapidement la frontière scandinave, ne tardèrent pas à être traduits en allemand, en français, en anglais et en hollandais. Depuis cette époque, elle a continué de composer des romans, dont une collection parut à Stockholm (1835-1843) sous le titre d’Esquisses de la vie de tous les jours. Cette collection fut suivie d’une autre du même genre (1844-1848). Le titre donne une idée du genre de talent de l’éminente romancière. Elle excelle à peindre des scènes empruntées à la vie des familles scandinaves, et vous ne pouvez pas prendre de meilleur guide pour étudier les sentiments et les habitudes des Suédoises. Tout en montrant qu’elle s’est fait de justes idées sur le monde, dont elle apprécie les travers avec une bienveillante ironie, elle manifeste pour la rude nature du Nord un enthousiasme sincère qui donne à ses tableaux une couleur vraiment originale et poétique. L’Académie suédoise a, en 1831, décerné une médaille d’or à l’écrivain qui a tant contribué à la gloire de la littérature nationale.

Je n’avais eu avec mademoiselle Bremer que des rapports de correspondance, lorsque j’eus l’avantage de la trouver à Athènes, en 1860. Je regarde cette rencontre comme une des bonnes fortunes de mon voyage. En effet, le caractère de mademoiselle Bremer est en complète harmonie avec ses écrits. Dans un temps où le plus obscur chroniqueur fatigue le public de l’enthousiasme qu’il professe pour lui-même, l’auteur des Voisins, dont l’Amérique a accueilli les écrits avec la même bienveillance que l’Europe, a conservé la modestie qui est l’apanage du véritable talent. Quoique mademoiselle Bremer exprime franchement toutes ses opinions, elle n’essaie point de les imposer avec l’autorité d’un hautain pédantisme. On ne trouve jamais chez elle la moindre trace de cette jalousie hargneuse qui est le fléau des siècles de décadence littéraire. Elle attache sans doute à l’opinion du public éclairé une importance légitime, mais elle ne croit pas avoir besoin pour l’obtenir de parler avec un esprit de dénigrement des écrivains qui ont embrassé plus tard qu’elle la carrière des lettres. Ses écrits prouvent, au contraire, qu’elle est heureuse de trouver l’occasion de leur manifester une sympathie fraternelle.

On a souvent reproché aux Suédois une intolérance peu conforme aux principes protestants. Je n’ai remarqué rien de pareil chez mademoiselle Bremer. Son zèle pour la réforme ne va pas jusqu’à regarder comme dignes d’admiration les rêveries du piétisme et les exagérations du méthodisme. Il m’a semblé qu’en général, elle faisait peu de cas des prétentions des sectes ; qu’elle croyait avec l’Évangile que la charité était le fond de la loi nouvelle, et qu’il ne fallait pas prétendre être plus orthodoxe que le fondateur du christianisme.

Sans doute, ses appréciations politiques et les miennes différaient en plus d’un point. Quand je lui disais qu’une révolution était inévitable en Grèce, elle paraissait croire que le gouvernement serait assez habile et assez fort pour la prévenir. Mais elle s’intéressait comme moi à l’avenir d’un peuple dont le nom rappelle de si beaux souvenirs et de si grands services rendus à la civilisation européenne. Elle désirait sincèrement que l’Orient chrétien pût, en se régénérant, reprendre sa position dans le monde. En cela, elle se montrait fort supérieure à une Viennoise fameuse, madame Pfeiffer, qui, après avoir traversé bravement les gorges terribles de l’Afghanistan, accueillait tous les contes que lui faisaient en Grèce les Autrichiens de l’ambassade, et qui a prouvé dans son Premier Voyage autour du monde (ch. XXIV), qu’elle avait étudié les Hellènes avec beaucoup moins de soins que les Parsis de Bombay et les Kourdes de Ravandus.

Madame Carlén et la baronne Knorring ont aussi, la première surtout, attiré l’attention de la presse européenne. Sans avoir la célébrité du poète suédois Isaïe Tegner, de mademoiselle Bremer et du Danois Christian Andersen, madame Carlén a beaucoup de lecteurs en Allemagne, et son nom est loin d’être inconnu en France. Un peu plus jeune que mademoiselle Bremer, Émilie Schmidt naquit à Stockholm en 1810. Comme l’auteur des Voisins, elle montra un goût précoce pour la littérature. Toutefois elle ne prit rang parmi les gens de lettres qu’après son mariage avec le musicien Flygare. Ce mariage ayant été rompu par un divorce, elle a épousé, en 1841, un jurisconsulte de Stockholm, M. Carlén. Elle n’a jamais publié de voyages, ayant toujours vécu retirée dans la capitale de la Suède.

Si l’on trouve dans les romans de mademoiselle Bremer la bienveillante ironie, la grâce et le génie poétique de la « douce Suomi, » madame Carlén a dans sa manière le tour fier et hardi des énergiques Scandinaves. Malheureusement, comme elle écrit beaucoup trop — depuis 1838, elle publie environ cinq ou six gros volumes par an — on peut signaler dans ses innombrables récits des longueurs fatigantes qui font penser au mot de Pascal : « Je n’ai pas eu le temps d’être plus court. » Un traducteur habile, qui appliquerait à ses romans le procédé dont M. Forgues use avec les romanciers anglais, pourrait mettre en relief un talent de création incontestable, un esprit d’observation assez pénétrant, enfin faire connaître beaucoup de détails sur la vie des classes inférieures, spécialement des paysans.

Parmi les artistes suédois, on doit citer en première ligne Jenny Lind, née à Stockholm, en 1821. Ses triomphes dans les deux mondes ont eu tant de retentissement, qu’il suffit de rappeler ici le nom de cette cantatrice. Jenny Lind, après avoir épousé M. Goldschmidt, s’était fixée à Dresde, où elle est morte, en 1860.

Ce n’est point dans la vie des romancières et des artistes scandinaves de notre temps qu’il faut chercher les incidents dramatiques, mais plutôt dans l’existence des femmes qui ont partagé la destinée des souverains de la péninsule scandinave (Suède et Norwége) et du Danemark.

Le 8 novembre 1781, naissait dans une colonie hellénique, Bernardine-Désirée-Eugénie Clary, réservée à une haute destinée, et qu’une fantaisie paternelle devait seule priver de la couronne impériale. M. Clary, riche marchand de Marseille, avait marié une de ses filles à l’aîné des frères Bonaparte, le futur roi de Naples et d’Espagne. Napoléon lui ayant demandé la main d’Eugénie, il répondit : « C’est assez d’un Bonaparte dans la famille ! » Le sort apportant obstinément à la jeune fille le diadème que son père avait repoussé, elle épousa, en 1798, un ancien avocat gascon, alors général de la république française, depuis, prince de Pontecorvo, enfin roi de Suède et de Norwége, sous le nom de Charles-Jean XIV. Cette fille du Midi eut tant de peine à quitter son pays natal, qu’elle laissa Bernadotte changer son titre de prince royal pour celui de roi (1818), sans pouvoir se décider à partir pour la Suède. Elle ne quitta la France qu’en 1829, quand depuis près de vingt ans son mari était établi à Stockholm. Mais elle sut si promptement se faire aimer des « Français du Nord, » que les Suédois lui pardonnèrent bien vite sa répugnance à vivre sous leur ciel glacé. Cette femme excellente, d’un cœur noble et élevé, qui contribua à populariser la dynastie française, vit, dans sa longue carrière, mourir sa sœur, son mari et même son fils, le roi Oscar. Quand elle-même quitta ce monde, sa mort causa un deuil universel dans la péninsule.

Louise, comtesse de Danner, est sortie d’une condition encore plus modeste que la reine Eugénie. Son histoire est un vrai roman, où se révèle dans toute sa naïveté le caractère sentimental des races germaniques. Le prince Frédéric, depuis roi de Danemark, manifesta dès sa jeunesse une grande affection pour le peuple et un penchant pour les idées démocratiques, fort rare chez les princes de sa race. Ses voyages et un long séjour à Genève, fortifièrent ses goûts simples et ses opinions libérales. Mais une pareille manière de voir ne se conciliait nullement avec la politique du roi Frédéric VI. Ce souverain, sans tenir aucun compte du désir que le prince avait de choisir une femme selon son cœur, l’obligea, à son retour en Danemark, d’épouser sa fille cadette. Ce mariage forcé resta stérile, et le roi, mécontent du peu de soumission de son gendre, le relégua au Jutland. Là, il trouva une jeune fille de seize ans, dont la beauté et le caractère aimable le charmèrent. Devenu libre par un divorce, il eût volontiers épousé Louise-Christine Rasmussen. Son père, proclamé roi sous le nom de Christian VIII, crut qu’il le détacherait de Louise en le faisant revenir à Copenhague et en l’unissant à la belle Caroline de Mecklembourg-Strélitz. Louise, obligée de quitter le Danemark et d’errer à l’étranger, semblait un faible obstacle au succès des projets de Christian, et cependant ce second mariage devait, comme le premier, finir par un divorce. J’ignore, si, comme on l’a dit, le prince Frédéric retrouva Louise, dont il n’avait pu obtenir aucune nouvelle, dans le tumulte d’un incendie où le danger avait rassemblé tous les habitants de Copenhague. Quoi qu’il en soit, Frédéric, devenu roi, le 20 janvier 1848, put réaliser, dans le gouvernement, ses idées libérales, et céder en même temps aux penchants de son cœur si longtemps contrariés. Louise Rasmussen, qui avait exercé loin du Danemark les professions les plus modestes, devint baronne et ensuite comtesse de Danner. Le 7 août 1850, la nouvelle comtesse recevait dans l’église de Friedericksbourg, le titre d’épouse morganatique du roi Frédéric VII. Sa position n’en était guère plus facile. Le parti aristocratique, qui applaudissait à la réaction dont l’Allemagne était le théâtre, se flattait déjà d’entraîner le roi. Afin d’affaiblir l’influence de la comtesse qu’il croyait favorable aux aspirations populaires, il ne perdait aucune occasion de faire croire que la nation lui était hostile. Mais dans un pays où l’instruction est universelle et le sens politique fort développé, la majorité du peuple danois comprit qu’elle avait intérêt à soutenir l’épouse de Frédéric VII, qu’un caractère résolu et généreux rendait vraiment digne de sa fortune. Le Danemark n’a pas eu à se plaindre de son influence, et si Frédéric VII a paru un moment ébranlé dans ses convictions par le spectacle de la réaction qui triomphait presque partout, il n’a pas tardé à comprendre qu’il s’agissait d’une crise passagère, et que son royaume était préparé par ses lumières à jouir de solides institutions libérales. Aussi est-il mort (1863), fort regretté des Danois, sans avoir pu, toutefois, pour des raisons qu’il serait trop long d’exposer, aussi bien réussi, auprès de ses sujets allemands.

On sait quelles ont été pour le Danemark les conséquences de cette irritation des Allemands des duchés. Aujourd’hui les Danois, s’ils veulent échapper à la conquête germanique, n’ont d’autre chose à faire que de travailler à la restauration de l’union de Calmar, œuvre de la grande Marguerite. Un royaume scandinave, composé de la Suède, de la Norwége et du Danemark, constituerait assurément une puissance respectable. Mais que le Danemark soit absorbé par la Confédération germanique ou par la Confédération scandinave, son existence dans sa forme actuelle est trop précaire pour que je croie nécessaire de m’occuper de la manière dont la législation danoise règle la condition des femmes. Il me semble plus important de vous parler des lois de la Suède et de la Norwége.

Le Code suédois, qui date de 1734, a subi et subit sans cesse des modifications.

Jusqu’en 1845, il reconnaissait à tout garçon, s’il était noble ou paysan, le droit de prendre une part double dans l’héritage des parents. Depuis 1845, s’il n’y a pas de testament, les filles héritent comme leurs frères. Elles peuvent se faire déclarer majeures à vingt-cinq ans et prendre en main l’administration de leur fortune.

La condition civile de la femme est moins bonne. Le mari seul peut administrer les biens de la communauté. Il acquiert même la propriété de tous les meubles. Mais il ne peut vendre un immeuble sans le consentement de la femme. Les enfants ne relèvent que de son autorité. En cas de divorce, pour cause d’adultère, la puissance paternelle est confiée au conjoint jugé innocent. La loi n’admet qu’un autre cas de divorce, l’impuissance.

La veuve ne peut exercer les fonctions de tutrice ; toutefois elle partage jusqu’à un certain point l’autorité du tuteur.

Les veufs et les veuves héritent de la moitié de toute la fortune mobilière et des immeubles situés dans les villes. Les immeubles situés à la campagne passent aux enfants ou aux plus proches héritiers, à moins qu’il n’y ait un testament.

La recherche de la paternité est autorisée.

La Norwége possède une législation commune à tout le royaume dont les principaux articles ont été empruntés au Code du Nord, publié en 1687, par le roi Christian V. Toutefois, ce code a été profondément modifié par des lois promulguées depuis cette époque.

En matière d’héritage, la loi norwégienne n’admet aucune distinction entre les garçons et les filles, celles-ci sont majeures à dix-huit ans comme leurs frères. Tant qu’elles ne sont pas mariées, elles dépendent, pour ce qui regarde les biens qu’elles auraient pu acquérir par héritage ou par donation, d’un curateur désigné par le tribunal. Si une fille, avec le consentement de son père et de sa mère, a pris un état qui la sépare d’eux, par exemple, si elle est entrée en condition, les parents ne peuvent élever aucune prétention sur ce qu’elle acquiert dans cette situation.

Les enfants illégitimes ne sont pas à la charge de leur mère ; mais tout Norwégien doit entretenir l’enfant qu’il a eu sans être marié.

Avant l’âge de vingt-cinq ans, une fille ne peut contracter mariage sans avoir obtenu le consentement de ses parents.

Le régime de la communauté, qui est la règle générale en Norwége, assure au mari l’administration des biens de la femme et à celle-ci, en cas de mort de l’époux, la moitié des biens communs. Cependant si la femme avait quelques biens personnels, soit en vertu d’une convention conclue avant ou après les noces, soit par suite d’un testament fait en sa faveur, ces biens devraient être administrés par un curateur.

Le divorce peut avoir lieu par ordonnance royale ou par décision des tribunaux. Dans le premier cas, on ne peut se marier sans l’autorisation du roi, autorisation qu’il n’est pas aisé d’obtenir. Si le mariage a été rompu par une décision judiciaire, les deux parties ont le droit de se remarier. L’adultère condamne le coupable à un célibat provisoire. Au bout de trois ans, s’il peut constater par des certificats en bonne forme que sa conduite a été irréprochable, l’interdiction cesse.

Toute veuve est réputée majeure et dispose librement de ses biens. Elle peut garder ses enfants chez elle tant qu’elle ne se marie pas. Si elle demande l’autorisation de « résider avec ses enfants sans partage de biens, » elle jouit de l’usufruit de la succession de son époux. Mais cet état de choses cesse soit par un second mariage soit par le fait que les enfants ont atteint leur vingt-cinquième année.

Pjesa e radhës
Les Anglo-Saxonnes

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